VAE auxiliaire de puériculture : guide complet et conseils

Dans les crèches, les maternités, les services de pédiatrie ou les maisons d’enfants, beaucoup d’auxiliaires de puériculture « non diplômées » portent déjà le quotidien des équipes. Ce sont souvent elles qui accompagnent les repas,

Sophie Martineau

Rédigé par : Marie Clermont

Publié le : 27 avril 2026


Dans les crèches, les maternités, les services de pédiatrie ou les maisons d’enfants, beaucoup d’auxiliaires de puériculture « non diplômées » portent déjà le quotidien des équipes. Ce sont souvent elles qui accompagnent les repas, les changes, les couchers, qui rassurent des parents inquiets, qui détectent un comportement inhabituel chez un bébé. La Validation des Acquis de l’Expérience, ou VAE auxiliaire de puériculture, permet à ces professionnelles d’obtenir le diplôme professionnel sans retourner en formation initiale. Ce guide VAE a pour objectif de clarifier les étapes, les exigences et les erreurs à éviter pour réussir VAE dans ce métier très concret.

La demande est forte dans la petite enfance, mais les exigences de qualification se resserrent, notamment depuis la réforme des modes d’accueil et les besoins accrus de sécurisation des pratiques. Concrètement, sans Diplôme d’État d’Auxiliaire de Puériculture (DEAP), l’accès à certains postes, aux concours internes ou à la mobilité en milieu hospitalier devient difficile. Du coup, de nombreuses salariées, mais aussi des assistantes maternelles, des agents de crèche ou des aides-soignantes cherchent une voie de reconnaissance. La VAE auxiliaire de puériculture répond à cette attente, à condition d’être abordée avec méthode, lucidité sur la charge de travail et une vraie stratégie de dossier VAE et d’entretien VAE.

En bref

  • Public concerné : toute personne avec au moins 1 607 heures d’expérience en lien direct avec les missions d’auxiliaire de puériculture.
  • Objectif : obtenir le Diplôme d’État d’Auxiliaire de Puériculture par la validation des acquis, sans formation initiale complète.
  • Étapes clés : livret 1 de recevabilité, rédaction approfondie du livret 2, entretien devant un jury, décision de validation totale ou partielle.
  • Durée moyenne : 8 à 12 mois entre le dépôt du livret 1 et le passage devant le jury, selon le temps disponible.
  • Points sensibles : appropriation du référentiel DEAP, capacité à analyser sa pratique, préparation de l’oral, gestion du stress.
  • Financement : mobilisation du CPF, aides de l’employeur, dispositifs France Travail et aides régionales éventuelles.

VAE auxiliaire de puériculture : comprendre le métier et les enjeux de la validation des acquis

Avant de se lancer dans une VAE auxiliaire de puériculture, il est utile de poser les bases : que recouvre réellement ce métier, et pourquoi la validation des acquis y tient une place si centrale aujourd’hui. Sans cette vision, il devient difficile de défendre son dossier VAE face à un jury qui, lui, raisonne en termes de qualité des soins, de sécurité, de travail en équipe.

L’auxiliaire de puériculture fait partie du champ paramédical. Son rôle dépasse largement les « soins de base ». Elle accompagne des nourrissons en maternité, des enfants malades en service de pédiatrie, des adolescents en structure médico-sociale, ou encore des enfants en situation de handicap en Institut médico-éducatif. Les publics sont très variés, ce qui implique de savoir adapter ses gestes, sa communication et son positionnement éthique.

Le quotidien couvre plusieurs registres : hygiène, alimentation, sommeil, activités d’éveil, observation de l’état clinique, participation au projet de soins ou au projet éducatif. Dans une journée ordinaire, une même professionnelle peut, par exemple, préparer un biberon en respectant des protocoles stricts, surveiller une courbe de poids, repérer un changement dans le tonus d’un bébé prématuré et organiser un atelier de motricité pour des tout-petits.

Tout cela s’inscrit dans un cadre collectif. L’auxiliaire collabore avec des infirmières, des puéricultrices, des médecins, des éducateurs de jeunes enfants, des psychologues. Les décisions ne se prennent pas en solo : la coordination et la transmission d’informations structurées font partie du métier. C’est d’ailleurs un point où les jurys VAE sont très attentifs, car beaucoup de candidates sous-estiment cette dimension de communication professionnelle.

Dans ce contexte, disposer du diplôme professionnel ne relève pas seulement de l’affichage administratif. C’est une garantie attendue par les employeurs, mais aussi par les familles, que la personne maîtrise des compétences clairement définies dans un référentiel national. Les directions d’établissements savent que des équipes qualifiées facilitent l’obtention d’agréments, la mise en conformité avec les recommandations de bonnes pratiques, et la sécurisation des prises en charge.

La VAE auxiliaire de puériculture vient donc répondre à une double réalité. D’un côté, des salariées ou bénévoles qui font déjà « le travail » d’auxiliaire, parfois depuis dix ans, mais qui restent bloquées sur des postes d’agent de service ou d’auxiliaire non diplômée. De l’autre, des structures qui peinent à recruter des profils qualifiés, en particulier dans certaines zones rurales ou périurbaines, y compris en Auvergne. Refuser la VAE aux professionnelles expérimentées serait un gaspillage de compétences.

Une candidate type peut être une assistante maternelle qui a accompagné des fratries entières et gère parfaitement la relation avec les parents, mais qui ne connaît pas le vocabulaire du référentiel DEAP. Ou une aide-soignante de pédiatrie qui assure déjà les changes, la surveillance clinique et la mise en place d’activités d’éveil, mais qui reste classée comme AS, avec un salaire et des perspectives limités. Pour ces profils, la validation des acquis représente un levier réel : progression salariale, élargissement des possibilités d’embauche, accès à d’autres projets comme une formation d’éducateur de jeunes enfants ou un poste en structure multi-accueil.

Un dernier enjeu, souvent sous-estimé, touche à l’estime de soi. Obtenir son diplôme par la VAE, après avoir repris ses expériences une à une, donne un solide sentiment de légitimité. Beaucoup de candidates expliquent après coup qu’elles n’osent plus se minimiser en réunion d’équipe, parce qu’elles ont mesuré noir sur blanc l’étendue de ce qu’elles savent faire. C’est l’un des effets durables de cette démarche.

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Conditions d’accès à la VAE auxiliaire de puériculture et articulation avec les autres diplômes petite enfance

Pour entrer dans un processus de VAE auxiliaire de puériculture, la première barrière reste la recevabilité. Le texte réglementaire est clair : il faut justifier d’au moins 1 607 heures d’activités en lien direct avec les compétences du DEAP. Ce volume correspond, en gros, à une année à temps plein. Mais les choses sont un peu plus fines dès qu’on parle de nature d’expériences.

Les heures peuvent provenir d’emplois salariés, de missions en indépendant, de bénévolat ou d’engagement associatif, à condition que les missions soient en relation avec les soins, l’accompagnement et l’éveil de jeunes enfants. Un exemple concret : une bénévole qui anime un accueil parents-enfants avec participation aux temps de change, de repas et de jeux peut utiliser ces heures pour sa validation des acquis, si les attestations sont correctement rédigées.

Un second filtre less connu concerne l’adéquation entre les missions réellement exercées et le référentiel du diplôme. Une candidate ayant travaillé en centre de loisirs uniquement avec des enfants de plus de 6 ans, sans volet soin ni accompagnement dans les gestes de la vie quotidienne, aura plus de mal à démontrer qu’elle couvre l’ensemble des domaines de compétences. Dans ce cas, le jury peut juger la demande recevable mais le chemin vers la validation complète sera plus escarpé.

Les liens entre la VAE auxiliaire de puériculture et les autres certifications de la petite enfance comptent aussi. Nombreuses sont les candidates déjà titulaires d’un CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance (ex CAP petite enfance). Pour elles, la VAE vers le DEAP représente une montée en responsabilité et en technicité. Certaines choisissent de passer d’abord par une VAE CAP petite enfance pour structurer leur dossier, puis envisagent la VAE DEAP ensuite. Ce n’est pas obligatoire, mais pour les profils très éloignés de l’écrit, cette étape intermédiaire peut sécuriser.

Les titulaires d’autres diplômes du secteur, comme le bac pro Accompagnement, soins et services à la personne, le bac pro Services aux personnes et aux territoires, le diplôme d’aide médico-psychologique ou celui d’aide-soignant, bénéficient souvent de dispenses sur certains domaines de compétences du DEAP. Concrètement, cela allège une partie du livret 2 et du travail d’analyse à fournir. Mais attention : la tentation de se reposer sur ces dispenses peut faire perdre en cohérence globale du dossier VAE.

Une articulation intéressante existe également avec d’autres projets de carrière, par exemple une reconversion vers les métiers de l’éducatif ou du social. Certaines professionnelles utilisent la VAE auxiliaire de puériculture comme marchepied vers une formation d’éducateur spécialisé ou une alternance d’éducateur de jeunes enfants. Avoir déjà mené une VAE avec succès donne des réflexes utiles pour la suite : se repérer dans un référentiel, préparer un oral, gérer une charge de travail sur plusieurs mois.

Se pose aussi la question du moment opportun pour se lancer. D’après les retours de terrain, entamer une démarche VAE en pleine réorganisation de service, pendant un gros chantier personnel (déménagement, séparation, reprise d’études parallèles) complique nettement la donne. Le processus demande une disponibilité mentale et un minimum de régularité dans l’écriture. Mieux vaut différer de six mois et se donner les moyens que d’accumuler retard, culpabilité et lassitude.

En Auvergne comme ailleurs, les Points Conseil VAE et structures d’information régionales aident justement à clarifier ce cadrage initial : faisabilité, stratégie de certification, articulation avec le projet professionnel global. Négliger cette étape de réflexion, c’est comme partir en montagne sans regarder la météo ni la carte : parfois, cela passe, mais quand ça coince, le retour en arrière coûte cher en énergie.

Livret 1 et livret 2 : construire un dossier VAE auxiliaire de puériculture convaincant

Une fois les conditions d’accès vérifiées, la VAE auxiliaire de puériculture se joue en grande partie dans la qualité du dossier VAE. Le livret 1 ouvre la porte, le livret 2 permet au jury de se faire une idée précise des compétences. Les deux méritent d’être travaillés avec sérieux, même si la charge d’écriture reste concentrée sur le second.

Le livret 1 comporte d’abord des données administratives classiques : identité, coordonnées, situation professionnelle. Rien de complexe ici. Là où la vigilance s’impose, c’est dans le tableau de synthèse des expériences. C’est sur cette base que la recevabilité est prononcée. Un tableau bâclé, qui ne montre pas clairement les missions en lien avec la petite enfance, peut conduire à un refus ou à des demandes de compléments.

Il est pertinent de reprendre chaque poste ou activité significative en précisant la structure, les dates, le temps de travail, le public accueilli et les principales missions. Par exemple : « Crèche municipale, Clermont-Ferrand, 80 % temps de travail, enfants de 3 mois à 4 ans, accompagnement des soins (change, repas, siestes), participation aux activités d’éveil, transmissions orales et écrites à l’équipe et aux familles ». Ce niveau de détail aide le jury à voir immédiatement la cohérence avec le DEAP.

Le livret 2, lui, correspond à un travail d’analyse bien plus conséquent. L’objectif n’est pas de raconter toute sa carrière de façon chronologique, mais de sélectionner des situations emblématiques permettant de démontrer les huit domaines de compétences du diplôme. Chaque situation doit permettre de comprendre le contexte, les besoins de l’enfant ou du groupe, les actions menées, les résultats observés et les apprentissages pour la professionnelle.

Pour structurer cette analyse, beaucoup de candidates s’appuient sur des modèles de plans ou des exemples de formulations, sans toutefois les copier. Des ressources spécialisées, comme des modèles de livret 2 proposés en ligne, peuvent servir de repère pour comprendre le niveau de détail attendu. Des sites comme cette page de modèles de livret 2 VAE offrent une vision utile du type de rédaction demandé, à condition de toujours personnaliser.

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Un bon réflexe consiste à croiser systématiquement chaque expérience avec le référentiel : « Dans cette situation, quelles compétences exactes ai-je mobilisées ? » Par exemple, un accompagnement de parents en maternité peut illustrer le domaine « communication adaptée » mais aussi la capacité à soutenir la parentalité, et l’inscription dans une équipe pluriprofessionnelle. Une même scène, si elle est bien décrite, permet souvent de valider plusieurs blocs du référentiel.

Les preuves à joindre (annexes) comptent également : comptes rendus de projet, plannings d’activités, supports d’observation, protocoles internes, attestations d’employeurs. Le but n’est pas d’empiler des documents, mais de sélectionner des pièces qui éclairent les pratiques décrites. Une annexe bien choisie et commentée vaut mieux que dix documents posés là sans lien explicite avec le texte.

Pour garder le cap, une méthode simple tient en quelques étapes : repérer les grandes familles de situations (soins du quotidien, éveil, situations d’urgence, relation aux familles, travail d’équipe), choisir deux ou trois exemples par famille, puis vérifier que, mis bout à bout, ces exemples couvrent tous les domaines de compétences du DEAP. Cet aller-retour permanent entre vécu et référentiel fait gagner du temps, même si, sur le moment, il peut donner l’impression de « décortiquer » son quotidien de façon un peu scolaire.

Un tableau de synthèse, réalisé en parallèle de l’écriture, peut aider à visualiser cette couverture des compétences.

Domaine de compétence DEAP Exemple de situation mobilisée Preuves associées possibles
DC1 Accompagner l’enfant dans les activités d’éveil et de la vie quotidienne Organisation d’un temps de repas et de sieste en section des moyens Planning de section, fiche de projet d’éveil sensoriel, photos anonymisées de l’aménagement
DC2 Apprécier l’état clinique d’une personne à tout âge de la vie Repérage d’une déshydratation chez un nourrisson en crèche Fiche d’observation, extrait anonymisé de transmissions écrites, protocole interne
DC3 Réaliser des soins adaptés à l’état clinique de l’enfant Réalisation de soins de change et de toilette en service de néonatologie Attestation employeur, fiche de poste, procédure de soin utilisée
DC5 Établir une communication adaptée à la personne et à son entourage Entretien avec des parents inquiets après un incident mineur Compte rendu de réunion, mail de synthèse adressé à l’équipe, charte d’accueil des familles

En filigrane, une idée revient souvent lors des accompagnements : un bon livret 2 ne se résume pas à prouver que l’on « fait comme il faut », mais à montrer comment on réfléchit à sa pratique. Les jurys repèrent rapidement les dossiers qui restent au niveau de la liste de tâches. Ceux qui prennent le temps d’expliquer les choix, les dilemmes, les ajustements opérés au fil des années se démarquent nettement.

Préparer l’entretien VAE auxiliaire de puériculture : stratégie, erreurs fréquentes et gestion du stress

Une fois le dossier remis, la VAE auxiliaire de puériculture se poursuit avec l’entretien VAE devant le jury. Beaucoup de candidates l’imaginent comme un « examen oral » classique. En réalité, le format s’apparente davantage à un échange professionnel structuré, même si la pression ressentie reste forte. S’y préparer sérieusement change radicalement la qualité du rendez-vous.

L’entretien se déroule généralement en deux grandes séquences. D’abord, une présentation de la candidate et de sa démarche, souvent limitée à 5 ou 10 minutes. Ensuite, un temps de questions-réponses qui peut durer de 20 à 40 minutes. Les membres du jury, issus du terrain (puéricultrices, cadres de santé, formatrices, etc.), s’appuient sur le livret 2 pour cibler leurs questions. Ils cherchent à vérifier la cohérence entre ce qui est écrit et le discours tenu, mais aussi à approfondir certains points encore flous.

Une première erreur assez fréquente consiste à réciter mot pour mot des passages du dossier. Or, le jury l’a déjà lu. Ce qu’il attend, c’est une capacité à s’exprimer de façon vivante et synthétique sur les mêmes situations, à rebondir sur des questions, à clarifier ce qui, sur le papier, restait un peu confus. En résumé, à montrer que derrière l’écrit, il y a une professionnelle capable de prendre du recul sur son activité.

Une seconde dérive fréquente tient à l’auto-dévalorisation. Beaucoup de candidates, par modestie ou par habitude, insistent trop sur leurs limites : « J’ai encore beaucoup à apprendre », « Je ne suis qu’agent », etc. Le message entendu par le jury devient alors brouillé. Avoir conscience de ses marges de progression est sain. En faire le centre du discours au moment où il s’agit de valider une certification peut cependant fragiliser la perception globale de la candidature.

Pour structurer une préparation efficace, plusieurs pistes se complètent bien. D’abord, relire son livret 2 plusieurs fois, en surlignant les situations clés. Puis, pour chacune, réfléchir à des questions possibles du jury : « Qu’auriez-vous fait si… ? », « Comment avez-vous réagi quand… ? », « Avec quel autre professionnel avez-vous travaillé sur ce dossier ? ». Se prêter au jeu à voix haute, seul ou avec un proche, permet d’ajuster le vocabulaire, de repérer les phrases trop longues, de corriger des tics de langage.

Vient ensuite la question du stress. Là encore, les retours montrent une constante : le trac ne disparaît pas, mais il devient gérable quand la préparation est sérieuse. La veille, limiter les relectures obsessionnelles pour privilégier le repos. Le jour J, arriver en avance, repérer les lieux, respirer tranquillement quelques minutes avant l’appel. Certains exercices simples de respiration abdominale aident réellement à calmer le rythme cardiaque et à poser la voix.

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Enfin, il est utile de garder à l’esprit que le jury n’est pas là pour piéger, mais pour vérifier que le diplôme professionnel peut être délivré en confiance. Ses questions peuvent déstabiliser par moments, notamment lorsque des situations délicates sont abordées (suspicion de maltraitance, incident lors d’une toilette, conflit avec un parent). Répondre avec sincérité, en expliquant ce qui a été compris après coup et ce qui serait fait différemment aujourd’hui, pèse souvent plus lourd qu’une volonté de masquer les difficultés.

Lorsque l’entretien se termine, certaines candidates ressortent en se disant qu’elles ont « raté », parce qu’elles ont buté sur une question ou oublié une précision. Les jurys, eux, évaluent l’ensemble : dossier écrit, cohérence du parcours, qualité de la réflexion, capacité à travailler au sein d’une équipe. Un flottement à un moment donné ne remet pas tout en cause, tant que le fond est solide. Garder cette vision globale en tête évite de s’effondrer à la moindre hésitation.

En fil de fond, une conviction se dessine : l’oral ne se prépare pas la dernière semaine. Les candidates qui ont pris l’habitude, dès la rédaction du livret 2, de s’interroger sur le sens de leurs actions, arrivent plus à l’aise devant le jury. L’entretien VAE n’est alors que la prolongation logique d’un travail de réflexion déjà engagé.

Financement, accompagnement et suites possibles après la VAE auxiliaire de puériculture

Au-delà du contenu pédagogique, une VAE auxiliaire de puériculture soulève des enjeux très concrets : qui finance, qui accompagne, que faire après l’obtention (ou la validation partielle) du diplôme. Ces aspects pèsent fortement dans la décision de se lancer, surtout pour des professionnelles qui cumulent souvent vie de famille chargée et temps de travail important.

Côté financement, plusieurs leviers peuvent être mobilisés. Le Compte Personnel de Formation (CPF) reste l’outil le plus connu. Il permet de couvrir, en tout ou partie, les frais d’accompagnement VAE proposés par des organismes spécialisés. Pour les salariées du secteur privé, l’employeur peut aussi inscrire la VAE dans son plan de développement des compétences et prendre en charge une partie des coûts, voire dégager du temps sur le temps de travail pour les rendez-vous de suivi.

Pour les demandeuses d’emploi suivies par France Travail, des aides spécifiques existent selon les régions et les dispositifs en cours. Certaines régions, notamment, cofinancent l’accompagnement et parfois les frais annexes (déplacements, garde d’enfants à l’occasion des regroupements). Le paysage des aides évoluant régulièrement, un échange avec un conseiller VAE ou un référent formation à l’échelle régionale évite les mauvaises surprises.

Reste la question de l’accompagnement lui-même. Trois options principales se dessinent :

  • Travailler seule, en s’appuyant sur les notices officielles et quelques ressources en ligne.
  • Suivre un accompagnement collectif ou individuel proposé par un organisme de formation reconnu.
  • Faire appel à un consultant indépendant spécialisé VAE, parfois lui-même ancien membre de jury.

Les statistiques disponibles montrent, année après année, un taux de validation plus élevé chez les candidates accompagnées. Ce n’est pas très surprenant. Un regard extérieur aide à traduire le quotidien en langage de référentiel, à choisir les bonnes situations, à repérer les oublis, à préparer l’oral. Pour autant, tout le monde n’a pas le même budget, ni le même besoin de soutien. L’essentiel est de choisir une formule adaptée à sa manière de travailler et à son emploi du temps.

Une fois la décision du jury rendue, plusieurs scénarios sont possibles. La validation totale ouvre l’accès direct au titre d’auxiliaire de puériculture, avec toutes les conséquences professionnelles habituelles : possibilité de candidater à des postes réservés aux titulaires, reclassement salarial, participation à des projets nécessitant une qualification reconnue. Certaines choisissent ensuite de consolider leur expertise avec de la formation puériculture continue, centrée par exemple sur le handicap, la néonatologie ou le soutien à la parentalité.

En cas de validation partielle, le jury précise clairement les domaines de compétences non validés et les modalités pour les compléter : formation ciblée, expérience supplémentaire à documenter, second passage devant le jury. Cette issue n’est pas un échec, mais un jalon intermédiaire. Les candidates qui retravaillent précisément ces blocs manquants, parfois en changeant de service pour diversifier leurs missions, reviennent généralement avec un dossier beaucoup plus solide.

Dans la durée, la VAE auxiliaire de puériculture ouvre aussi des perspectives au-delà du seul métier d’AP. Certaines professionnelles, une fois diplômées et stabilisées, s’intéressent à d’autres fonctions éducatives et soignantes : éducateur de jeunes enfants en alternance, responsable de structure, voire concours d’entrée dans des instituts de formation paramédicaux. Avoir traversé une VAE avec succès donne une base pour envisager ces transitions avec plus de confiance.

Au final, ce dispositif, lorsqu’il est bien utilisé, permet de raccorder la réalité du terrain avec les exigences institutionnelles. Il ne remplace pas la formation initiale pour les personnes qui débutent, mais constitue une voie cohérente pour celles et ceux qui, depuis longtemps, ont fait leurs preuves au chevet des enfants. Le travail d’écriture et de préparation reste conséquent, mais l’enjeu professionnel et personnel justifie largement cet investissement pour beaucoup de candidates.

Qui peut demander une VAE auxiliaire de puériculture ?

Toute personne justifiant d’au moins 1 607 heures d’expérience en lien direct avec les missions d’auxiliaire de puériculture peut déposer un dossier de VAE. Les activités peuvent être salariées, indépendantes ou bénévoles, à condition qu’elles concernent l’accompagnement du jeune enfant, les soins de base, l’éveil, la relation aux familles et le travail en équipe.

Combien de temps dure une VAE auxiliaire de puériculture ?

La durée moyenne se situe entre 8 et 12 mois entre l’envoi du livret 1 et le passage devant le jury, selon le temps que vous pouvez consacrer chaque semaine à la rédaction du livret 2 et à la préparation de l’entretien. Certaines candidates vont plus vite, d’autres étalent davantage, notamment lorsqu’elles travaillent à temps plein ou cumulent plusieurs contraintes familiales.

Faut-il obligatoirement un accompagnement pour réussir VAE ?

L’accompagnement n’est pas obligatoire, mais il augmente clairement les chances de validation complète. Un accompagnateur aide à s’approprier le référentiel, à choisir les bonnes situations, à structurer l’analyse et à préparer l’oral. Si votre budget est limité, vous pouvez cibler quelques séances clés plutôt qu’un suivi complet, ou combiner un accompagnement collectif avec un travail personnel important.

Que se passe-t-il en cas de validation partielle du diplôme professionnel ?

En cas de validation partielle, le jury indique les domaines de compétences non validés et formule des recommandations. Vous conservez définitivement les blocs validés et pouvez représenter ultérieurement un dossier centré sur les compétences manquantes, après avoir complété votre expérience ou suivi des modules de formation adaptés.

La VAE remplace-t-elle une formation puériculture classique ?

La VAE ne remplace pas la formation initiale pour les personnes qui débutent dans la petite enfance. Elle s’adresse à des professionnelles déjà expérimentées, qui exercent depuis au moins un an dans le secteur. Pour quelqu’un qui commence tout juste, une formation classique en institut reste le chemin adapté. La VAE sert avant tout à faire reconnaître officiellement une expérience déjà solide.

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